Mainmise, or du sang et ingérence : comment les Émirats arabes unis étendent leurs réseaux en Afrique
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Mainmise, or du sang et ingérence : comment les Émirats arabes unis étendent leurs réseaux en Afrique

Ramdane Bourahla 2 min

Une enquête inédite du Financial Times est venue lever le voile sur l'ampleur des réseaux d'influence des Émirats arabes unis Le journal britannique étaye avec précision les griefs répétés de l'Algérie envers les Émirats arabes unis : le président Abdelmadjid Tebboune n'a eu de cesse de mettre en garde contre les manœuvres déstabilisatrices de ce

Une enquête inédite du Financial Times est venue lever le voile sur l'ampleur des réseaux d'influence des Émirats arabes unis

Le journal britannique étaye avec précision les griefs répétés de l'Algérie envers les Émirats arabes unis : le président Abdelmadjid Tebboune n'a eu de cesse de mettre en garde contre les manœuvres déstabilisatrices de ce micro-État du Golfe, accusé d'instaurer le chaos partout où il s'implante.

Des routes du trafic d'or soudanais à la capture de la logistique maritime africaine, la diplomatie financière émiratie se retrouve aujourd'hui sous le feu des projecteurs.

L'or du sang et les liaisons dangereuses au Soudan

Le cœur de la machine d'influence émiratie s'appuie sur une prédation économique sophistiquée, dont le Soudan est devenu l'illustration la plus tragique. Dès le début de la guerre à Khartoum en avril 2023, plus d'une tonne et demi de lingots d'or et des réserves bancaires entières ont été pillées par les Forces de soutien rapide (FSR). D'après le Financial Times, ce métal précieux a rejoint les Émirats via des vols affrétés depuis Juba et les frontières tchadiennes.

Ce trafic alimente directement la puissance financière d'Abou Dhabi. L'organisation Swissaid chiffre à près de 30 milliards de dollars la valeur de l'or artisanal africain exporté chaque année vers Dubaï en dehors de tout cadre légal. En retour, experts de l'ONU et ONG documentent un acheminement massif d'armes, de drones et de blindés lourds vers les FSR, accusées de nettoyages ethniques.

De la logistique à l'ingérence : la pieuvre émiratie en Afrique

Au-delà des matières précieuses, la stratégie des Émirats repose sur un maillage militaro-commercial agressif :

Mise sous tutelle des infrastructures : Via le géant DP World et le fonds International Holding Company (IHC), Abou Dhabi contrôle des terminaux maritimes et des zones logistiques clés dans plus de 25 pays africains (Djibouti, Sénégal, Somaliland).

Militarisation des comptoirs : Le cas du port somalilandais de Berbera démontre la méthode : la gestion commerciale s'accompagne d'un contrôle opaque sur des bases navales et des installations militaires.

Acaparement des ressources stratégiques : Des investissements annoncés à hauteur de 168 milliards de dollars ciblent le cuivre zambien, l'or malien et congolais, ou encore le fer mauritanien.

Cette emprise croissante suscite une vive détérioration des relations diplomatiques, particulièrement avec l'Algérie qui refuse de voir l'Afrique du Nord subordonnée à des agendas géopolitiques extérieurs. Ironie de l'histoire : c'est l'expertise pétrolière algérienne qui avait aidé la jeune fédération à structurer son industrie dans les années 1970.

Dubaï, le refuge offshore des capitales africaines

Pour compléter ce dispositif, Dubaï s'est imposée comme le paradis fiscal incontournable des élites continentales. Offrant une fiscalité opaque face au durcissement des régulations européennes, la cité-État hébergeait plus de 30 000 entreprises africaines en 2025. Les capitaux africains injectés dans l'immobilier dubaïote dépassent les 30 milliards de dollars, confirmant le rôle clef de la métropole dans le siphonage des ressources financières du Sud global.

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