
Après Valence et Alicante, l’Algérie est devenue, au premier semestre 2026, la première destination des marchandises exportées depuis un autre port espagnol. Ainsi, selon les données publiées par l’autorité portuaire de Vigo, près de 74.000 tonnes de marchandises ont été acheminées vers le marché algérien entre janvier et juin, contre environ 2000 tonnes transportées dans
Après Valence et Alicante, l’Algérie est devenue, au premier semestre 2026, la première destination des marchandises exportées depuis un autre port espagnol.
Ainsi, selon les données publiées par l’autorité portuaire de Vigo, près de 74.000 tonnes de marchandises ont été acheminées vers le marché algérien entre janvier et juin, contre environ 2000 tonnes transportées dans l’autre sens. Un écart qui illustre surtout le poids croissant des échanges industriels entre l’Espagne et l’Algérie.
L’Algérie devance de peu les États-Unis
En effet, avec environ 74.000 tonnes expédiées vers l’Algérie, le port de Vigo devance légèrement les États-Unis, qui ont réceptionné près de 73.000 tonnes durant la même période. Le Maroc arrive derrière, avec environ 65.000 tonnes d’exportations.
Cette évolution est d’autant plus notable que les volumes destinés à l’Algérie ont reculé de 11 à 12 % sur un an. La progression américaine, elle, atteint près de 15 %, réduisant considérablement l’écart entre les deux marchés.
Il convient toutefois de préciser que ces chiffres concernent uniquement les flux de marchandises passant par le port de Vigo. Ils ne permettent donc pas de mesurer le solde commercial global entre l’Algérie et l’Espagne, notamment parce qu’une part importante des échanges énergétiques entre les deux pays emprunte d’autres infrastructures.
Le secteur automobile au cœur du rapprochement
Derrière cette dynamique se trouve notamment le développement de la filière automobile algérienne. Depuis février 2024, une liaison maritime directe relie Vigo à Oran afin d’alimenter la chaîne de production de Stellantis en Algérie. Ce dispositif facilite l’acheminement régulier de pièces, de composants et d’équipements industriels. Lors de son lancement, le service avait notamment transporté plusieurs centaines de conteneurs destinés à l’activité automobile algérienne.
Le phénomène a rapidement pesé sur l’activité portuaire. En 2024, le port de Vigo avait enregistré plus de 221.000 tonnes de pièces automobiles à destination de l’Algérie et du Brésil, soit une progression de près de 84 % sur un an.
L’Algérie n’apparaît donc plus comme un simple débouché commercial ponctuel. Elle s’intègre progressivement dans une chaîne logistique industrielle reliant les fournisseurs espagnols aux unités de production implantées dans l’ouest algérien.
Une relation commerciale relancée après la crise
Cette montée en puissance intervient après une période particulièrement difficile dans les relations économiques entre Alger et Madrid. Après la crise diplomatique de 2022, les échanges ont progressivement repris, avant de connaître une accélération à partir de 2024.
Les statistiques espagnoles témoignent de ce redressement. Les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint 2,13 milliards d’euros en 2025, en forte hausse par rapport à 2024. L’ensemble des échanges commerciaux entre les deux pays s’est, lui, rapproché de 8,5 milliards d’euros.
La coopération économique s’inscrit également dans un contexte diplomatique désormais plus favorable, tandis que les échanges énergétiques restent considérables. L’Algérie demeure notamment l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Espagne.
Vigo, nouveau maillon des échanges industriels
La performance enregistrée au premier semestre 2026 confirme ainsi une transformation progressive de la relation entre l’Algérie et le port de Vigo. L’activité automobile, en particulier, a contribué à instaurer des flux réguliers et structurés.
Avec près de 74.000 tonnes expédiées en six mois, l’Algérie s’est hissée au premier rang des marchés desservis par les exportations de Vigo, juste devant les États-Unis. Une évolution qui souligne le poids grandissant de l’industrie automobile algérienne dans les échanges avec la Galice et, plus largement, dans le rapprochement économique entre les deux pays.



