
Cyberattaque au Maroc : Le groupe JabaROOT menace d'exposer 70 000 agents du renseignement
Le Makhzen fait face à une offensive numérique d'une ampleur inédite. Depuis plus d'un an, le groupe de hachage JabaROOT multiplie les cyberattaques contre les institutions stratégiques et les plus hautes personnalités du royaume marocain. La tension est montée d'un cran : le groupe menace désormais de divulguer les identités et données personnelles de dizaines
Le Makhzen fait face à une offensive numérique d'une ampleur inédite. Depuis plus d'un an, le groupe de hachage JabaROOT multiplie les cyberattaques contre les institutions stratégiques et les plus hautes personnalités du royaume marocain.
La tension est montée d'un cran : le groupe menace désormais de divulguer les identités et données personnelles de dizaines de milliers d'agents des services de renseignement.
Une fuite de données ciblant le cœur du système sécuritaire
La menace qui pèse sur l'appareil sécuritaire marocain franchit un cap critique. Pour prouver l'authenticité de ses accès, JabaROOT a diffusé sur Telegram un premier échantillon contenant les noms et dates de naissance d'une vingtaine d'officiers de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) — entité dirigée par Abdellatif Hammouchi, également à la tête de la DGSN.
Le groupe affirme détenir une base globale de 70 000 noms d'agents sécuritaires. Selon le quotidien El Confidencial, les fuites précédentes attribuées à ce groupe se sont toutes révélées authentiques, confirmant la menace réelle que fait peser JabaROOT sur les services secrets.
L'escalade des révélations contre l'élite du Makhzen
Cette nouvelle offensive s'inscrit dans une série de piratages majeurs orchestrés depuis avril 2025 :
Palais royaux et Sécurité sociale : Publication d'une liste de 3 400 employés des palais royaux et d'un registre de près de 2 millions d'affiliés à la sécurité sociale.
Patrimoine des hauts dirigeants : Divulgation de documents confidentiels sur les biens immobiliers de Nasser Bourita (ministre des Affaires étrangères), Yassin Mansouri (patron de la DGED), et Mohamed Raji (responsable adjoint des écoutes à la DGST).
Crise de Ceuta : Alignement stratégique des fuites avec les tensions diplomatiques autour de l'enclave espagnole pour mettre sous pression la hiérarchie militaire et policière.
Face à la vulnérabilité des systèmes informatiques, le pouvoir marocain a déjà procédé au limogeage du général Mostafa Rabil, ex-patron de la sécurité des systèmes d'information (DGSSI), remplacé par le général Abdellah Boutrig.
Vers un piratage massif des données administratives ?
En parallèle des données souveraines, JabaROOT détiendrait l'intégralité du fichier de l'ancien régime d'assistance médicale (RAMED). Selon le média Estrella Digital, cette base de données historique pourrait contenir les informations personnelles de près de 17 millions de citoyens marocains.
Si l'exposition des fichiers administratifs fragilise l'État, la publication imminente des identités du renseignement représenterait une faille sécuritaire sans précédent pour le gouvernement marocain.



