L’Italie fonce sur l’agriculture algérienne : ce que préparent 15 entreprises à Alger
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L’Italie fonce sur l’agriculture algérienne : ce que préparent 15 entreprises à Alger

K. B 4 min

Quinze entreprises italiennes spécialisées dans les équipements agricoles et les technologies de pointe sont attendues à Alger les 28 et 29 septembre 2026. Une mission économique organisée par l’agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en partenariat avec FederUnacoma, qui entend profiter de la dynamique de modernisation engagée par l’Algérie dans le secteur agricole. Une

Quinze entreprises italiennes spécialisées dans les équipements agricoles et les technologies de pointe sont attendues à Alger les 28 et 29 septembre 2026.

Une mission économique organisée par l’agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en partenariat avec FederUnacoma, qui entend profiter de la dynamique de modernisation engagée par l’Algérie dans le secteur agricole.

Une mission tournée vers les nouvelles technologies

En effet, la délégation italienne ne viendra pas uniquement promouvoir des tracteurs ou des moissonneuses-batteuses. Les entreprises participantes proposeront également des solutions de numérisation agricole, d’irrigation intelligente, de stockage et d’équipements destinés aux cultures et à l’élevage.

Le programme prévoit une première journée consacrée aux rencontres institutionnelles et aux rendez-vous B2B à Alger. Le lendemain, les représentants italiens doivent se rendre dans des exploitations et auprès d’acteurs agricoles de la région de la capitale afin d’évaluer directement les besoins du marché algérien.

Pour Rome, l’intérêt est évident : avec une superficie agricole exploitée dépassant les 8,6 millions d’hectares et un secteur qui représente environ 15 % du PIB, l’Algérie dispose d’un potentiel considérable pour les fournisseurs de technologies agricoles.

La mécanisation devient une priorité nationale

Cette offensive italienne intervient alors que la mécanisation figure désormais parmi les axes importants de la politique agricole algérienne.

La création du Conseil national de la mécanisation agricole, ainsi que le développement de coopératives spécialisées dans la location de matériel, traduisent la volonté des autorités d’élargir l’accès aux équipements. L’objectif est notamment de permettre aux exploitants de bénéficier de machines modernes sans devoir systématiquement en assurer eux-mêmes l’acquisition.

Le gouvernement cherche parallèlement à renforcer la production locale de matériels agricoles, notamment les tracteurs et les moissonneuses-batteuses. Pour les fabricants étrangers, cette orientation pourrait donc progressivement déplacer le centre de gravité du marché : de la simple vente d’équipements vers les partenariats industriels, la maintenance, la formation et le transfert de technologie.

Agriculture et numérique avancent ensemble

L’Algérie accélère également la digitalisation de son secteur agricole, avec notamment le lancement du Système national d’information agricole fin juin. Cette plateforme doit contribuer à améliorer la disponibilité des données et à faciliter la prise de décision.

Dans le même temps, les professionnels du secteur mettent davantage l’accent sur l’agriculture de précision, qui permet d’optimiser l’utilisation de l’eau, des engrais et des autres intrants tout en améliorant les rendements.

C’est précisément sur ce terrain que les entreprises italiennes entendent se positionner. L’irrigation intelligente et les outils numériques peuvent notamment répondre à deux enjeux majeurs pour l’agriculture algérienne : l’augmentation de la productivité et la maîtrise des ressources hydriques.

Un marché déjà important pour les équipementiers italiens

Les relations commerciales dans le domaine des machines agricoles ne partent pas de zéro. Selon FederUnacoma, les exportations italiennes de machines agricoles vers l’Algérie ont atteint près de 35 millions d’euros en 2024, soit une progression de 34,9 % sur un an. L’Italie occupait ainsi la deuxième place parmi les fournisseurs du marché algérien.

La tendance s’est également poursuivie début 2025, avec près de 5 millions d’euros d’exportations enregistrés sur les deux premiers mois de l’année, en hausse de plus de 56 % sur un an.

Pour les industriels italiens, l’Algérie apparaît donc comme un marché particulièrement intéressant au moment où le secteur cherche à renforcer ses débouchés internationaux.

Le Sud algérien, nouveau terrain de coopération

La coopération agricole entre les deux pays dépasse déjà le commerce des équipements.

Le projet conduit avec le groupe italien Bonifiche Ferraresi, en partenariat avec le Fonds national d’investissement algérien, en constitue l’un des principaux exemples. Il prévoit la mise en valeur d’environ 36 000 hectares dans les wilayas d’Adrar et de Timimoun, consacrés notamment aux céréales et aux légumineuses, avec des infrastructures de transformation et de stockage.

Le projet comprend notamment douze silos représentant une capacité totale de 62 000 tonnes.

Une première campagne de récolte de blé a par ailleurs été lancée en mai 2026 à Timimoun, sur une superficie de 1 600 hectares. Une étape importante qui illustre le passage d’une coopération fondée sur les accords et les annonces à des projets agricoles désormais opérationnels sur le terrain.

De la vente de machines aux partenariats industriels

La mission de septembre pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans le rapprochement agricole entre Alger et Rome.

L’enjeu ne se limite plus à l’importation de matériel. L’Algérie cherche à accroître ses capacités de production, à améliorer ses rendements et à développer son agriculture saharienne, tandis que les entreprises italiennes disposent d’une offre couvrant l’ensemble de la chaîne : machines, irrigation, numérique, stockage, formation et technologies agricoles.

Cette complémentarité pourrait favoriser l’émergence de partenariats plus structurants, notamment autour de la production locale, de la maintenance et du transfert de savoir-faire.

La rencontre de septembre intervient d’ailleurs dans le prolongement du forum d’affaires algéro-italien organisé à Rome en juillet 2025, qui avait réuni plusieurs centaines d’entreprises des deux pays et débouché sur une série d’accords et de protocoles de coopération.

Une coopération qui s’éloigne progressivement des hydrocarbures

Pour l’Italie comme pour l’Algérie, l’agriculture apparaît désormais comme l’un des secteurs susceptibles de contribuer à la diversification des échanges bilatéraux.

L’implantation de plus de 150 entreprises italiennes en Algérie et le développement de projets agricoles dans le Sud témoignent d’un intérêt croissant pour les secteurs productifs, industriels et technologiques.

Avec sa politique de mécanisation, son programme de digitalisation et l’extension de ses surfaces agricoles dans le Sud, l’Algérie représente aujourd’hui un marché appelé à évoluer rapidement.

Pour les industriels italiens, le défi sera donc moins de vendre davantage de machines que de s’insérer dans cette transformation agricole en proposant des solutions complètes et, surtout, des partenariats capables de créer de la valeur directement en Algérie.

K.B

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