
Marché de l'énergie : Le gaz algérien se taille la part du lion en Italie
Au S1 2026, l'Algérie renforce sa suprématie énergétique en Italie.
L'Algérie confirme avec éclat sa suprématie sur le marché énergétique italien. Au cours du premier semestre 2026, l'Italie a importé 11,4 milliards de mètres cubes (m³) de gaz naturel algérien via gazoduc, soit une progression de 4,3 % en rythme annuel.
Cette performance permet à la compagnie nationale Sonatrach de capter 34,7 % de la demande totale italienne, consolidant ainsi sa place de premier fournisseur de la péninsule.
Ce succès est d'autant plus marquant qu'il s'inscrit dans un marché italien atone, où la consommation globale n'a augmenté que de 0,2 % et où les importations totales ont reculé de 0,6 %.
Sonatrach s'impose sur un marché en stagnation
Les données révèlent une stratégie commerciale offensive de la part de l'Algérie :
Conquête de parts de marché : L'Algérie a injecté 470 millions de m³ supplémentaires par rapport au premier semestre 2025, alors que les importations globales italiennes ont baissé de 176 millions de m³.
Remplacement des concurrents : La hausse des volumes algériens a directement compensé le recul des livraisons en provenance d'Europe du Nord et de Libye.
Flux continus : Avec une moyenne mensuelle de 1,9 milliard de m³ (soit 63 millions de m³ par jour), les livraisons via le gazoduc Transmed pourraient frôler les 22,8 milliards de m³ d'ici la fin de l'année.
Un écart abyssal avec les autres fournisseurs
L'Algérie creuse l'écart avec l'ensemble de ses rivaux sur le marché italien par canalisation :
FournisseurVolume importé (S1 2026)Évolution annuellePart de marchéAlgérie11,4 milliards de m³+ 4,3 %34,7 %Azerbaïdjan4,9 milliards de m³+ 2,2 %14,8 %Europe du Nord3,4 milliards de m³– 17,1 %< 10.5 %Russie~0,5 milliard de m³–1,8 %Libye188 millions de m³– 63,7 %< 0,6 %
Alors qu'elle représentait un pilier avant 2022, la Russie est désormais reléguée à un rôle marginal. L'Algérie fournit aujourd'hui 20 fois plus de gaz à l'Italie que Moscou, confirmant le basculement définitif de la sécurité énergétique italienne vers le Sud de la Méditerranée.
Répondre au déficit structurel de la production italienne
La montée en puissance du gaz algérien répond directement à l'érosion de la production nationale italienne, qui a chuté de 16,7 % pour s'établir à 1,5 milliard de m³ au premier semestre. La production locale ne couvre désormais que 4,6 % des besoins italiens.
En fournissant en six mois l'équivalent de sept ans et demi de production nationale italienne, l'Algérie s'impose comme une béquille structurelle indispensable à l'économie transalpine.
Le pipeline Transmed : Un atout stratégique et économique
L'acheminement direct depuis Hassi Rmel via le gazoduc Transmed–Enrico Mattei offre un avantage compétitif décisif par rapport au Gaz Naturel Liquéfié (GNL) :
Économies d'échelle : Suppression des coûts de liquéfaction, de transport maritime et de regazéification.
Sécurité des approvisionnements : Flux quotidiens réguliers et continus, non soumis aux aléas des routes maritimes.
Flexibilité commerciale : L'Algérie combine ses livraisons par gazoduc avec ses exportations de GNL par méthanier (qui représentent plus de 21 % du GNL importé par l'Italie), garantissant à Sonatrach une présence sur tous les fronts.
Une alliance énergétique globale entre Alger et Rome
Au-delà des simples ventes de gaz, le partenariat algéro-italien se renforce à travers des investissements industriels majeurs. Le géant italien Eni intensifie ses activités d'exploration et de production dans le bassin de Berkine en partenariat avec Sonatrach. Parallèlement, la possession par Sonatrach de la raffinerie d'Augusta en Sicile confère à la compagnie algérienne un ancrage industriel stratégique au cœur de l'Europe.
Alors que la demande électrique italienne repart à la hausse en raison des vagues de chaleur estivales, l'Algérie confirme son statut de partenaire énergétique incontournable, garantissant à la fois la rentabilité de ses infrastructures et la sécurité énergétique de l'Italie.



