
Algérie-Turquie : le cap des 10 milliards de dollars en ligne de mire malgré la refonte des échanges
Les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie franchissent un virage stratégique majeur. Alors que les deux nations réorientent leur coopération vers l'investissement industriel et la co-production locale, l'objectif d'atteindre 10 milliards de dollars d'échanges commerciaux se précise, porté par une envolée prévisible des exportations gazières algériennes et une restructuration des flux de marchandises. Une
Les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie franchissent un virage stratégique majeur.
Alors que les deux nations réorientent leur coopération vers l'investissement industriel et la co-production locale, l'objectif d'atteindre 10 milliards de dollars d'échanges commerciaux se précise, porté par une envolée prévisible des exportations gazières algériennes et une restructuration des flux de marchandises.
Une rééquilibrage commercial marqué par le gaz et la baisse des importations
Les récentes données économiques illustrent un changement de paradigme. Au cours des sept premiers mois de l'année 2026, la facture des importations algériennes de biens turcs a chuté de 18,8 %, s'établissant à 1,09 milliard de dollars (contre 1,34 milliard sur la même période en 2025). Cette baisse traduit la volonté de l'Algérie de réduire sa dépendance aux produits finis importés et de valoriser sa production nationale.
En parallèle, le rôle de l'Algérie comme fournisseur énergétique stratégique s'intensifie. Ankara négocie une hausse massive de ses achats de gaz naturel liquide (GNL) :
Volumes actuels : 4,4 milliards de m³/an (contrat Sonatrach-BOTAŞ).
Volumes visés : Entre 6 et 6,5 milliards de m³/an, soit une progression pouvant atteindre 47,7 %.
Impact régional : Ce gaz alimentera la Turquie et pourra être acheminé vers le Sud-Est de l'Europe (notamment la Bulgarie), tout en palliant l'échéance des contrats gaziers turcs avec d'autres fournisseurs régionaux comme l'Iran.
Investissements et co-production : la clé pour atteindre 10 milliards $
Pour combler l'écart et passer des 5,6 milliards de dollars d'échanges enregistrés en 2025 au seuil ambitieux des 10 milliards de dollars, les deux gouvernements comptent sur le développement du secteur industriel et de la co-production. La relation bilatérale s'appuie déjà sur des bases solides :
8 milliards de dollars d'investissements directs turcs en Algérie.
687 projets réalisés par des entreprises turques pour un montant global de 24 milliards de dollars.
Secteurs clés : Sidérurgie, BTP, textile, chimie, pétrochimie (avec le projet majeur de polypropylène à Ceyhan) et agroalimentaire.
Vers un accord de commerce préférentiel
L'Algérie s'impose désormais comme le troisième partenaire commercial de la Turquie en Afrique et un hub industriel stratégique vers les marchés du continent. Pour encadrer cette dynamique, les deux pays finalisent un accord de commerce préférentiel axé sur la protection des industries locales, la facilitation des exportations et l'attraction d'investissements créateurs d'emplois.
En délaissant le schéma classique du simple échange marchand au profit d'un partenariat industriel durable, Alger et Ankara posent les jalons d'une intégration économique renforcée, capable de porter le volume d'affaires bilatéral vers de nouveaux sommets.



