
Eau potable : l’Algérie déploie un plan d’urgence pour sécuriser l’été et l’Aïd El-Adha
Face aux défis climatiques, le ministre de l’Hydraulique, M.Lounès Bouzegza, a annoncé depuis Bouira une série de mesures radicales pour garantir l'accès à l'eau potable Ainsi, entre dessalement massif, lutte contre le gaspillage et nouveaux forages, l’État se met en ordre de bataille pour garantir l’accès à l’eau potable durant la fête de l'Aïd El
Face aux défis climatiques, le ministre de l’Hydraulique, M.Lounès Bouzegza, a annoncé depuis Bouira une série de mesures radicales pour garantir l'accès à l'eau potable
Ainsi, entre dessalement massif, lutte contre le gaspillage et nouveaux forages, l’État se met en ordre de bataille pour garantir l’accès à l’eau potable durant la fête de l'Aïd El Adha et la saison estivale.
Une gestion de crise pour un approvisionnement sécurisé
En effet, le ton est donné dès l'entame de la visite ministérielle : la rigueur est désormais la règle d'or. Lors de sa visite de travail ce mercredi 6 mai 2026 à Bouira, le ministre de l’Hydraulique a insisté sur l’impératif d’une gestion rationnelle et rigoureuse. L'objectif est clair : éviter toute perturbation de l'Alimentation en Eau Potable (AEP), particulièrement lors des pics de consommation attendus pour l'Aïd El-Adha et la saison estivale. « Un plan d’urgence est activé pour garantir une alimentation stable aux citoyens. L’eau doit arriver à temps, et chaque goutte compte », a martelé M. Bouzegza.
Le dessalement : Le bouclier stratégique de l'État
Pour sortir de la dépendance aux seules eaux de pluie, l'Algérie accélère sa transition vers les ressources non conventionnelles. Sous l'impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, le secteur de l'hydraulique connaît une mutation sans précédent :
• 19 stations de dessalement sont déjà opérationnelles.
• 12 stations supplémentaires sont en cours de construction.
• 7 nouveaux projets (4 en réalisation, 3 en étude) viennent compléter ce dispositif.
Cette stratégie vise à couvrir l’intégralité des zones côtières avant d'irriguer, par un système de transfert progressif, les wilayas de l'intérieur du pays.
Focus sur Bouira : Projets structurants et renforcement de l’AEP
La wilaya de Bouira bénéficie d'une attention particulière avec le lancement de plusieurs chantiers d'envergure destinés à sécuriser le réseau local :
Nouveaux forages et stockage : le ministre a posé la première pierre d'une étude géophysique à Zbarbar pour la réalisation de trois puits artésiens. Parallèlement, un nouveau réservoir de 10 000 m³ à Bouira-ville viendra renforcer la pression et la régularité de la distribution pour le chef-lieu et ses environs.
Réhabilitation d'Ainser Averkane : le projet de raccordement de la célèbre source de Saharidj à un réservoir de 5 000 m³ est en phase de finalisation. Ce dispositif permettra de soulager durablement quatre communes de l’Est de la wilaya.
Extension du barrage de Tilesdit : les travaux d'extension de la station de traitement du barrage de Tilesdit (Bechloul) permettront d’augmenter significativement le volume d’eau distribué vers les communes de l'Est.
Guerre contre le gaspillage et les fuites: le plan d'urgence ne se limite pas à la production ; il s'attaque aussi aux pertes. M. Bouzegza a appelé à une lutte sans merci contre :
• Les raccordements illicites (vols d'eau).
• La gestion anarchique des réseaux.
• Les fuites techniques qui pèsent sur les bilans hydriques.
Il a exigé des services de l'Algérienne des Eaux (ADE) des interventions rapides et efficaces, basées sur des données de terrain réelles pour minimiser les pertes.
Agriculture : Vers l'économie circulaire
La visite a également mis en lumière l'utilisation des eaux usées épurées pour l'irrigation. Des projets à El Esnam, Ain Bessam (plateau des Aribs) et Sour El Ghozlane visent à transférer ces eaux traitées vers les terres agricoles, préservant ainsi les réserves d'eau douce pour la consommation humaine. Bien que le remplissage du barrage de Koudiet Acerdoune (135 millions de m³) soit encourageant après les dernières pluies, le ministre a conclu en rappelant que la vigilance reste de mise : l'abondance relative ne doit en aucun cas freiner les efforts de rationalisation.



